Publish or perish

Je suis informaticien. Mon métier est lié au traitement automatisé de l’information. J’exerce ce métier en tant qu’indépendant depuis 2016. Travailler pour les autres a des avantages, notamment celui de vous permettre de concourir à la construction d’un objet pour lequel vous pouvez exercer vos talents, et donc titiller votre zone d’inconfort, en vous appuyant sur la vision d’un tiers.

Travailler sur un projet dont on est l’initiateur impose en plus de concevoir ou de convoquer une vision de l’objet ciblé. Cette vision est à interroger sans cesse, et les méthodes de travail actuelles, plus agiles, permettent de la confronter avec la réalité rapidement, ce que je trouve très bien. Récemment, j’ai publié Squ4re, une application Android sortie tout droit de mon imagination. Publier une application sur un magasin d’applications est très facile. Enfin, comme beaucoup de choses, c’est facile une fois que vous avez compris.

Ce constat est vrai, mais pour la partie technique seulement. Curieusement, et nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne à ce sujet, la première publication d’une application revêt des atours de mystère, parfumés de plaisir, d’anxiété et d’espoir.

Ce sont ces trois axes qui m’ont interpellé.

Le premier, le plaisir, est parfois négligé, souvent critiqué, généralement désiré de manière plus ou moins assumée.

Le second, concomitance habituelle de toute action publique, est une entrave dont il s’agit de s’accommoder, sinon de s’en libérer totalement.

Le dernier, est celui qui dessine la direction de votre regard sur les conséquences de la publication. Lorsque j’interviens en relation avec une autre personne, que ce soit un étranger ou un familier, j’ai toujours avec moi mes bagages. Ce sont mes valises, bien remplies, de préjugés, de croyances, d’attentes implicites, de biais de perception, etc. Le contenu de ces valises influence immédiatement la relation à l’autre. Elle ne permet, en général, pas de sortir de certaines limites – limites dont nous n’avons pas nécessairement conscience. La particularité de la publication est l’essor de la chose publiée. Lorsque l’application est déployée dans le magasin, elle cesse d’être totalement sous vôtre contrôle, et donne naissance à des possibles autres.

Savoir faire est un atout. Le partager en serait-il la finalité première ?

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